Peinture / 1988 / Le chant des sirènes

Aux temps des dieux de l'Olympe, d'étranges créatures évoluaient dans les mers de Sicile : les sirènes. Monstres ailés à tête de femme, elles exerçaient sur les marins qui voguaient vers leurs eaux un étrange pouvoir : nul ne pouvait résister à l'attrait de leur chant. Complètement égarés par le charme de ces voix, les marins y dirigeaient leurs navires qui se fracassaient sur de dangereux récifs, et ils mouraient.
L'expression : « chant des sirènes » désigne tout ce qui attire irrésistiblement.
Ce chant est celui du désir déraisonnable, dont l'assouvissement conduit à la destruction ; désir de la chair, ou désir du pouvoir, de l'argent, du talent… tout désir fou qui s'empare et menace de perdre celui qui l'éprouve.
Entendre le chant des sirènes, c'est être habité par un appel incessant, et être tenté d'y répondre au risque de se détruire.

Ulysse, curieux d'entendre ce chant, se fit attacher au grand mât de son navire et le fit voguer vers les eaux des sirènes. Il avait pris soin auparavant de boucher les oreilles de ses matelots avec de la cire pour les rendre sourds, donc insensibles à ces chants.

Cette série de toiles donne corps aux différents états d'une telle emprise. La victime y est ici tantôt Ulysse, tantôt un marin, souvent les deux à la fois, ramant seule pour fuir ce chant tout en désirant ardemment que sa mélodie se poursuive. Dans le premier acte des noces de Figaro (Mozart), le jeune Chérubin explique très bien le phénomène.

L'écriture des œuvres est ici très spontanée, la priorité étant portée sur le sujet, ce qui m'a fait qualifier cette écriture de « figuration subjective ».


Exposition Le Chant des Sirènes

Vertige

Corps fou

Petit miroir

Peaux après peaux

Prison

Dans ton sommeil ... 

Exécrable pureté

D'où vient la lumière 1

D'où vient la lumière 2

Résignation

Désir d'amnésie

Erreur

Vers ailleurs

Musique musique

Pégase en marée noire