Salomé a fort mauvaise réputation devant l'Histoire.
Quel pouvait bien être le poids d'une toute jeune princesse, dans une cour ou régnait sans partage son oncle Hérode Antipas acoquiné à sa mère Hérodiade.
Vierge vendue ? petite fille innocente manipulée par une mère ambitieuse et prête à tout pour asseoir sa réputation et son pouvoir ?… C'est ainsi qu'elle m'apparaît à travers les récits de son histoire.
J'ai voulu représenter en Salomé un éveil à la féminité qui est bafoué avant que de s'épanouir, un pouvoir de séduction noyé dans l'innocence, mais dévoyé par l'entourage pervers de la cour d'un roi. Sur trois toiles, Salomé danse, mais ses mouvements sont comme appesantis par la prémonition d'une malédiction. Qu'ils sont encombrants ces voiles, combien sont difficiles ces gestes qu'elle voudrait n'avoir jamais commencés. Sur la quatrième toile, Salomé résignée achève sa danse en un geste d'offrande à ce roi qui la désire. Le temps d'une danse, une jeune fille est entrée dans un monde où l'on se vend, pour la tête d'un baptiste, ou pour la moitié d'un royaume….
La tonalité de ces toiles évoque la couleur des roches, du sable de Galilée, ou des oeuvres archéologiques que l'on y exhume. « Quelqu'un m'est apparu très loin dans le passé » disait le poète. Salomé N° 2 s'inscrit nettement dans une forme de galet allongé qu'un homme du désert aurait sculpté pour pérenniser son histoire.
 Salomé 1 |
|  Salomé 2 |
|  Salomé 3 |
|  Salomé 4 |
|  Salomé 5 |
|  Salomé noire |
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